vendredi 14 novembre 2008

Fomalhaut b, une exoplanète saisie dans le visible par Hubble

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La patience a payé pour un groupe d’astronomes américains. En étudiant avec le télescope Hubble durant plusieurs années l’étoile Fomalhaut située à seulement 25 années-lumière de la Terre, les chercheurs ont obtenu les premières images dans le visible d’une exoplanète trois fois plus massive que Jupiter, Fomalhaut b.

Etoile principale d’une constellation de l’hémisphère sud, le Poisson Austral, Fomalhaut est connue depuis la plus haute antiquité, avant de devenir l’objet de l’attention des chasseurs d’exoplanètes dès le début des années 1980. A cette époque, le satellite de la Nasa, IRAS (Infrared Astronomy Satellite) détecte en infrarouge la signature d’une grande quantité de poussières, pouvant s’interpréter comme due à la présence d’un système planétaire.

Dès 2004, déjà avec Hubble, la même technique de coronographie, bien connue en physique solaire, avait montré que Fomalhaut était entourée d’un anneau de débris et de poussières laissés par un disque protoplanétaire, ressemblant beaucoup à la ceinture de Kuiper de notre propre système solaire, riche en poussières, comètes et petites planètes, désormais appelées plutoïdes.
Fomalhaut est une étoile jeune puisqu’elle ne doit être âgée que de 200 à 300 millions d’années. Toutefois, elle est de type A sur la séquence principale et donc plus chaude que notre Soleil. Le taux de ses réactions nucléaires est bien plus élevé, ce qui signifie qu’elle devrait épuiser son carburant nucléaire en un milliard d’années environ. Seize fois plus brillante que notre Soelil, elle aura donc une existence dix fois plus courte.



Etant très lumineuse, plus que le Soleil, la détection autour d’elle d’une planète n’est donc pas chose aisée et c’est une performance extraordinaire que viennent d’accomplir Paul Kalas et ses collègues.

Déjà en 2005, celui-ci avait proposé que la structure bien particulière de l’anneau de poussières détecté impliquait la présence d’un planète géante, proche de celui-ci, exerçant son influence gravitationnelle. En  particulier, le centre de l’orbite de l'anneau ne coïncident pas avec celui de l’étoile, de plus les bords nets de ce dernier s’expliquaient bien là aussi, si l’on compare les effets gravitationnels confinant des satellites bergers des anneaux de Saturne, par la présence proche d’une planète.

Pour en avoir le cœur net, les astronomes ont occulté la lumière centrale de l’étoile avec le coronographe équipant Hubble afin de détecter une éventuelle exoplanète dont la luminosité pouvait être au moins un milliard de fois plus faible que celle de son étoile hôte. Ils avaient alors noté la présence de zones un peu plus brillantes autour de l’étoile qui pouvaient être des planète. De fait, en 2006, de nouvelles images montraient clairement qu’une de ces taches brillantes s’était déplacée par rapport à l’étoile.



Les études et les analyses ont montré qu’il s’agissait bien d’un objet en orbite autour de Fomalhaut et qui suivait les lois de Kepler. Située à 119 unités astronomiques (UA) de son étoile, c'est-à-dire environ 10 fois la distance du Soleil à Saturne,  Fomalhaut b ne l’est que de 18 AU du bord interne de l’anneau de poussières. Après quatre mois d’analyse des données observationnelles concernant la stabilité de l’anneau de poussières, en conjonction avec des modélisations de l’influence de Fomalhaut b sur celui-ci, une estimation de la masse de l’exoplanète a été obtenue. Elle est de 3 fois celle de Jupiter mais ne peut guère la dépasser, sans quoi l’anneau serait distordu et verrait même son existence impossible.



Remarquablement, la luminosité dans le visible de la planète est anormalement élevée, ce qui suggère l’existence autour d’elle d’un système d’anneaux constitués de glace réfléchissant la lumière, comme dans le cas de Saturne, mais d’une toute autre ampleur !
En revanche, comme une jeune planète géante, elle devrait rayonner assez fortement dans l’infrarouge (IR) puisqu'elle est encore en plein processus de contraction gravitationnelle selon le mécanisme de Kelvin-Helmholtz. Des tentatives d’observations au sol en IR sont en cours. Les renseignements sur la composition de l’atmosphère de cette exoplanètes que l’on en tirerait seraient précieux pour comprendre l’évolution primitive des planètes géantes du système solaire.


Comme Neptune et Uranus, Fomalhaut b est probablement née plus proche de son soleil et a ensuite migré vers l’extérieur par le jeu des interactions gravitationnelles à N corps, donc vraisemblablement avec des plus petites planètes.
Une telle observation est très encourageante car elles nous montrent que la prochaine génération de télescopes dédiée à l’étude des exoplanètes, et qui va bientôt être opérationnelle, ne devrait pas manquer de nous donner rapidement des informations et des images extraordinaires, levant un coin du voile sur notre origine et notre place dans l’Univers.




© 2008 Futura-Sciences

vendredi 18 juillet 2008

La pouponnière de l’univers

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Amélie Daoust-Boisvert
Agence Science Presse


À la limite de l’univers connu – à 12,3 milliards d’années lumières – des astronomes ont découvert une usine stellaire extrême, une galaxie qui accouche d’une étoile environ aux deux heures, soit 1000 à 4000 étoiles par an.


Notre Voie lactée, elle, ne donne naissance qu’à dix étoiles par année. La «Baby Boom», comme ses découvreurs l’ont nommée, est une galaxie à sursaut d’étoiles, ou «Starburst galaxy» en anglais, mais elle est unique en bien des points: en l’observant, nous sommes témoins d’un temps ancien, il y a 12 milliards d’années!





Jamais un taux de formation d’étoile aussi intense n’avait été observé, ni même imaginé. «Cette galaxie s’est formée quand l’univers était un enfant», soit 1,3 milliard d’années, illustre Peter Capak du NASA's Spitzer Science Center, à Pasadena. «Cette explosion d’activité suggère que nous assistons pour la première fois à la formation d’une des galaxies elliptiques les plus massives de l’univers!», renchérit son collègue Nick Scoville. Le plus récent numéro du Astrophysical Journal Letters publie leurs brillantes observations.

Cyberpresse
Le jeudi 17 juillet 2008
For more information about Spitzer, visit
http://www.spitzer.caltech.edu/spitzer
and
http://www.nasa.gov/spitzer


dimanche 22 juin 2008

L'astronomie européenne va se doter des deux plus grands téléscopes du monde

Stéphane Foucart

Dix ans après la mise en service du Very Large Telescope (VLT) installé sur le mont Paranal (Chili), dans le désert de l'Atacama, l'astronomie européenne est engagée dans la construction des deux plus grands télescopes du monde : ALMA (Atacama Large Millimeter Array) et l'ELT (European Extremely Large Telescope).

Le premier, dont le chantier a déjà commencé, est un réseau de 66 radiotélescopes. Les 54 plus grands sont de véritables géants : 120 tonnes chacun et une antenne de 12 mètres de diamètre. D'ici à 2012, ils seront progressivement installés dans un cercle de 16 km de diamètre, sur le plateau de Chajnantor, à près de 5 100 m d'altitude. Les huit premières antennes - quatre américaines et quatre japonaises - viennent d'arriver au camp de base du chantier, à quelque 3 000 m au-dessus du niveau de la mer, et subissent les premiers tests. Elles seront installées sur le site en fin d'année.

Le grand nombre d'antennes d'ALMA est lié au principe de fonctionnement du radiotélescope. Celui-ci est un interféromètre : il combine (il "interfère", dans le jargon des physiciens) les signaux émis par un même astre et reçus sous des angles différents. Plus le nombre d'antennes est élevé, plus les distances les séparant sont modulables, meilleures sont les performances de l'instrument.

Mais ce gigantisme a un coût : 1 milliard d'euros environ. Pour mener à bien ALMA, l'Europe, par le biais de l'Observatoire européen austral (ESO), organisation intergouvernementale qui regroupe treize pays, a donc monté une association avec les Etats-Unis et le Japon.

Pourquoi un tel effort ? "ALMA est conçu pour détecter des longueurs d'ondes millimétriques, c'est-à-dire les ondes électromagnétiques émises par les zones froides de l'Univers, en particulier les gaz et les poussières qui n'émettent pas de lumière visible, explique Richard Hills, responsable scientifique du projet. C'est ce que nous ne voyons pas avec nos yeux qui sera détecté par ALMA".

Les astronomes seront ainsi en mesure d'étudier les mécanismes de formation des planètes et des étoiles à partir des nuages froids du cosmos. Le radiotélescope géant permettra en outre, comme le dit Thijs de Graauw, directeur du projet, "de connaître précisément les molécules chimiques présentes dans les zones observées". De même, il pourra observer les marges les plus lointaines de l'Univers, c'est-à-dire les galaxies les plus jeunes.

"Le problème est que les ondes millimétriques que doit détecter ALMA sont absorbées par les molécules d'eau", explique M. Hills. Bien que gigantesque, le radiotélescope aurait donc été aveugle, ou franchement myope, s'il avait été installé dans une région où l'atmosphère est humide. "C'est la raison pour laquelle nous avons choisi les hauts plateaux de l'Atacama", poursuit M. Hills. Sur le Chajnantor, l'hygrométrie n'excède guère les 10 %. De plus, par rapport au niveau de la mer, l'atmosphère y est mécaniquement moins épaisse de 5 km.

La question du site d'installation n'est pas moins cardinale pour l'ELT. Elle est d'ailleurs toujours en suspens : quatre sites ont été présélectionnés en Afrique du Nord, aux Canaries et en Amérique du Sud. L'ELT, au contraire d'ALMA, sera constitué d'un télescope unique, observera l'Univers "visible" et sera réalisé sous la maîtrise d'oeuvre unique de l'ESO.

Il demeure à l'état de projet, mais environ 50 millions d'euros ont déjà été investis en études de faisabilité. Celles-ci sont notamment nécessaires à la conception de son miroir principal : avec 42 m de diamètre, il sera quatre fois plus important que les plus grands télescopes optiques aujourd'hui en activité. "Pour certaines observations, comme par exemple "imager" des exoplanètes, l'ELT permettra d'améliorer d'un facteur 100 environ ce qu'il est possible de faire avec le VLT", explique Henri Boffin, astronome à l'ESO.

Le VLT, le plus gros télescope européen en service, dispose de quatre unités principales dotées chacune d'un miroir de 8,2 m. Installé lui aussi dans l'Atacama, à quelque 400 km au sud-est d'ALMA, il a détecté son premier photon en septembre 1998.

Il a été, depuis, "à l'origine de 2 700 publications scientifiques", souligne M. Boffin. Parmi elles, la première image d'une exoplanète, la détection du trou noir du centre de la Voie lactée ou encore la première observation des environs immédiats d'une étoile située dans une autre galaxie.

LE MONDE | 13.06.08

mardi 28 août 2007

Un gigantesque vide détecté dans l'Univers

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Agence France-Presse
Le vendredi 24 août 2007


Des astronomes ont découvert un gigantesque trou, s'étendant sur près d'un milliard d'années-lumières, vide de matière connue - étoiles, galaxies, gaz - ainsi que de la mystérieuse «matière noire», selon des résultats publiés vendredi.
«Non seulement personne n'avait jamais trouvé un trou aussi grand, mais nous n'avions jamais imaginé en trouver un aussi grand», a déclaré Lawrence Rudnick (Université du Minnesota, États-Unis), qui a dirigé l'équipe rapportant cette découverte dans la revue Astrophysical Journal.

Les astronomes savaient qu'à grande échelle, l'Univers abritait des zones vides de toute matière, mais la plupart des cas, étaient nettement plus petites que celle trouvée par le Pr Rudnick et ses collègues, a précisé l'Université du Minnesota dans un communiqué.

Leur découverte, montrant une réduction importante du nombre de galaxies dans une région du ciel située dans la constellation Eridanus, résulte de l'analyse des données du programme NVSS (NRAO VLA Sky Survey). Il a permis d'observer environ 82% du ciel visible grâce au radiotélescope VLA (Very Large Array) de l'Observatoire national américain de radio-astronomie (National Radio Astronomy Observatory - NRAO, Nouveau-Mexique).

«Nous savions déjà qu'il y avait quelque chose de différent dans cette zone du ciel», explique le Pr Rudnick dans le communiqué conjoint du NRAO et de l'Université du Minnesota.

La carte du rayonnement de fond cosmologique, vestige des premiers photons ayant pu s'échapper dans l'univers quelque 380 000 ans après le Big Bang lorsque lumière et matière avaient pu faire bande à part, montrait un tache froide dans la région d'Eridamus. Ces données avaient été tirées en 2004 des observations du satellite WMAP, capable de mesurer des différences d'un millionième de degré dans ce rayonnement micro-onde.


© Agence France-Presse - http://www.afp.com/
Canada - http://www.cyberpresse.ca/article/20070824/CPSCIENCES/70824124/1020/CPSCIENCES

Link: National Radio Astronomy Observatory: http://www.nrao.edu/pr/2007/coldspot/
TIME in Partnership with CNN: http://www.time.com/time/health/article/0,8599,1656529,00.html
Español: http://christiangeo-ovni.blogspot.com/
Français: http://christiangeo-paris.blogspot.com/
English: http://christiangeo-ufo.blogspot.com/

Rapport COMETA:
http://cometa-france.blogspot.com/